Publié par Laisser un commentaire

L’alcool et le syndrome du colon irritable

A l’approche de l’été ou en fin d’année, toutes les occasions sont bonnes pour profiter de nos proches autour d’une bonne table. De même, les sorties de bureau sont parfois prétexte à une sortie dans un bar pour marquer la fin de la semaine. Si l’on parle souvent de l’alimentation aux malades du côlon irritable, on oublie souvent de parler des impacts de l’alcool sur l’intestin et sur la maladie. Voici une vision de ce que vos apéros, pots, verres, drinks et autres… peuvent générer sur votre côlon même sans consommation excessive.

Pourquoi l’alcool est-il nocif ?

« L’alcool a affaibli le sphincter oesophagien, ce qui peut provoquer à terme des reflux acides. Dans l’estomac, l’alcool peut augmenter la sécrétion d’acide gastrique et ralentir la vidange de l’estomac, entraînant irritation et sensations de nausée ou vomissements », texte de Barbara Bolen, spécialiste de la maladie du colon irritable.

Dans l’intestin grêle, l’alcool peut réduire l’absorption des nutriments. Cette malabsorption, en particulier des glucides, peut contribuer aux problèmes de gaz et de diarrhée car ces substances interagissent avec les bactéries du gros intestin. L’alcool peut également accélérer les mouvements des muscles du gros intestin, contribuant ainsi au risque de diarrhée.

L’alcool est-il nocif pour le colon irritable ?

Sur un tube digestif fragilisé, les impacts sont encore plus marqué et ce sans consommation excessive. L’alcool stimule la sécrétion de l’acidité ce qui irrite fortement les muqueuses du tube digestif. Dans le même temps, l’alcool fragilise voire détruit le mucus qui protège les parois de l’estomac et l’intestin contre l’acidité. L’alcool est donc un déclencheur connu du syndrome du côlon irritable (SCI). Il déclenche et parfois accroît les crises de diarrhée aiguës, des douleurs abdominales, des ballonnements ou encore des gaz.

Par contre, il ne semble pas y avoir de preuve scientifiques que la consommation d’alcool augmente votre risque de développer le syndrome du côlon irritable.

Peut-on boire de l’alcool et limiter les risques d’inflammation ?

Le degré de sensibilité à l’alcool diffère d’une personne à une autre. Par ailleurs, il varie selon l’âge, le sexe et la période de prise. 1 verre d’alcool peut cependant suffire à déclencher une crise très intense et immédiate. Les chercheurs de l’Université Monash, spécialisés dans l’alimentation dédiés aux malades du côlon irritable, ont recensé les alcools les moins irritants pour l’intestin sur la base des FODMAPS qu’ils contiennent. Voici la liste des alcools à choisir en cas de consommation :
– Bière
– Gin
– Vin blanc ou rouge
– Vin pétillant
– Vin doux
– Vodka
– Whisky

Dans tous les cas, la consommation doit être limitée. Si vous manquez d’information sur les quantités acceptables pour votre santé, n’hésitez pas à vous adresser à un professionnel de santé ou à aller sur le site de l’IMPES.

Sources :
“The Recovery Village®” de Camille Renzoni, 04 avril 2019
“Should you be drinking alcohol if you have IBS?” de Barbara Bolen, 22 mars 2019.
“How does alcohol affect irritable bowel syndrome?” de Daniel Auria, 22 mars 2019.

Publié par Un commentaire

Comment commencer votre régime low FODMAP ?

Parmi les premières choses que j’ai essayées : il y a eu le régime low fodmap. Je l’ai testé sur les conseils de mon médecin. Il avait pris les préoccupations d’usage en m’expliquant que cela pourrait être une bonne option mais que
– 100% des malades n’ont pas de résultat,
– les patients qui appliquent ce principe alimentaire ne sont pas,
– toujours soulagés de toutes les gênes et/ou douleurs,
lorsque c’est efficace, le malade n’est pas “guéri” pour autant.
Ces remarques intégrées, j’ai essayé et au bout d’un mois, j’ai senti un mieux-être. En 2 mois, je commençais à être plus sereine. Cela dit, la mis en place n’a pas été simple.

Si vous souffrez du syndrome du côlon irritable, vous avez peut-être déjà envisagé de tester le régime Low Fodmap. Cependant, il faut trouver la marche à suivre et s’y tenir. Voici quelques conseils avec prés de 4 ans de recul, j’espère qu’ils vous seront profitables.

Alors les fodmap, c’est quoi ?

FODMAP est un acronyme anglais qui signifie « Fermentables, Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides And Polyols ». L’équivalent français est « oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles par la flore intestinale ». Il s’agit d’hydrates de carbone (sucres) mal absorbés par l’intestin. Ces éléments mal digérés stagnent dans le tube digestif et déclenchent des gênes intestinales en se décomposant (douleurs, flatulences, constipation et/ou diarrhées) tant qu’ils ne sont pas naturellement éliminés.
Ils composent de très nombreux aliments mis à part les protéines et ce, dans des proportions plus ou moins importantes. Le régime Low Fodmap consiste donc à centrer l’alimentation sur des aliments pauvres en sucres dits fermentables. Le régime Low Fodmap est donc une approche qui va plus loin que le régime sans gluten. Il repose sur les travaux de recherche de l’université australienne de Monash, connue aujourd’hui pour ses avancées en gastro-entérologie et en particulier sur le syndrome du côlon irritable.

Listes des aliments riches en FODMAP (non exhaustive)

La liste des aliments à exclure de l’alimentation est longue pour ne pas dire plus restrictive. C’est d’ailleurs pour cela que ce régime ne doit pas être maintenu trop longtemps. Il peut à long terme générer des carences et ralentir le bon fonctionnement de l’absorption des nutriments.
Certains aliments contiennent plusieurs FODMAP, Vous les retrouverez donc logiquement dans chacune des catégories.

Les Polyols

Ces sucres sont connus pour apporter un pouvoir sucrant plus élevé que la moyenne. Les produits allégés ou industriels contiennent aussi beaucoup de poyols qui sont soit des agents sucrants soit des conservateurs.

⇒ Les aliments : abricot, bonbons, chocolats, chou-fleur, céleri, champignons, mûre, nectarine, pêche, pastèque, pruneaux, prune, pois mange-tout, pomme, poire…

⇒ Les produits industriels : Sorbitol (E420), Xylitol E967), Mannitol (E421), Maltitol (E965), Isomalt (E953), Lactitol (E966), Érythritol (E968), Polydextrose (E1200)…

Les laitages ou dissacharides

Tous les laits frais d’origine animale ainsi que leurs dérivés sont à risque. Par contre, les laitages fermentés ou battus tels que le beurre et les fromages affinés n’en contiennent plus.

⇒ Les laits : vache, chèvre, brebis, jument, ânesse

⇒ Les dérivés de lait : lait en poudre, lait concentré, yaourts, babeurre, crème, fromages frais, crème glacée…

Les oligosaccharides

On retrouve dans cette catégorie les galactanes et les fructanes. Isolés, ils sont utilisés pour stabilisés les préparations alimentaires ou pour les épaissir (gluten, amidon…).

⇒ Les galactanes : betterave, brocoli, bulbe de fenouil, haricots secs, laitue radicchio, lentilles, oignon blanc, pois chiches, soja, topinambour

⇒ Les fructanes : ail, artichaut, asperges, brocoli, banane, betterave, blé (et leurs dérivés comme la semoule, le boulgour, les pâtes), chicorée, courgette, chou de Bruxelles, chicorée, échalote, fenouil, kaki, oignon, poireau, topinambours, melon, melon, miel, nectarine, noix de cajou, orge, pistache, pamplemousse, pêche blanche, pastèque, pousses d’épinard, ramboutan, seigle…

Les fructoses ou les monosaccharides

Tous les fruits et leurs dérivés contiennent du fructose. Ici, c’est la part contenu dans le fruit qui prévaut.

⇒ asperge, artichaut,cerise, pomme, poire, mangue, pastèque, topinambour, pois mange-tout, miel, sirop d’agave, sirop de fructose

La diète pauvre en Fodmap

Le régime Low Fodmap ne s’applique pas ad vitam eternam. Il comporte 3 grandes phases qui se déroulent sur environ 12 semaines.

1/la phase de retrait

Cette phase consiste à retirer les éléments irritants, riches en fodmap, pour régénérer les parois intestinales, éliminer les troubles digestifs progressivement et réensemencer l’intestin pour développer un microbiote fort qui améliorera la qualité de l’absorption des éléments nutritifs.

Pendant 6 à 8 semaines ou jusqu’à ce qu’il y ait une diminution marquée des symptômes gastro-intestinaux (maximum 2 mois, si les symptômes persistent au-delà cela signifie que les FODMAP ne sont pas responsables de la pathologie). Il faudra ensuite attendre quelques jours pour confirmer l’amélioration du confort digestif avant de passer à la deuxième étape.

⇒ A la fin de la première semaine, j’avais moins de gaz. Au bout, 2 semaines, il avaient disparu. Les douleurs sont restées jusqu’à la 5eme semaine.

2/la phase de tests

La phase de test permet d’identifier les FODMAP mal digérés et d’évaluer les quantités seuil qui ne déclenchent pas d’inflammation. Pour cela, il faut procéder progressivement à la réintroduction des sucres fermentables par catégorie. L’idéal est de choisir des aliments naturels ou composé par vos propres soins pour correctement identifier le sucre fermentable qui est en cause. Cette démarche permet de faire des classes d’aliments et d’agir en conséquence :
– les produits/aliments qui génèrent des douleurs sont à éliminer ou à consommer en de rares occasions ainsi que ceux de la même catégorie de sucres fermentables.
– les produits/aliments qui génèrent de la gêne, comme des gaz, sont à réduire en quantité ainsi que ceux de la même catégorie de sucres fermentables.

⇒ Là, mon conseil est de commencer par la réintroduction des aliments qui vous ont le plus manqués. Je vous propose une méthode plus complète plus loin.

3/la phase d’adaptation

C’est la phase qui permet de conserver un confort digestif et

de réintroduire les aliments bien tolérés durant l’étape 2,
de définir les quantités seuil d’aliment à consommer pour les aliments très irritants,
de trouver les produits de remplacement aux aliments qui vous manquent.

C’est grâce à cette phase de vous « sortez » du régime Low Fodmap avec de bonnes pratiques alimentaires qui permettent de réduire les risques de nouvelles inflammations.

⇒ A cette étape, il faut apprendre à composer avec les aliments qui ne vous gênent pas et les aliments qui vous procurent de petits désagréments. En procédant de cette manière, il y a peu de risque de développer des carences.

Méthode pour tester la compatibilité avec les sucres fermentables

Il est possible que seulement certains types de FODMAP soient responsables de vos dérangements intestinaux. Pour le déterminer cela, il faut tester sur un intestin sain les différentes catégories de sucres fermentables.

Choisissez un type de sucres fermentables par semaine et un aliment qui y correspond Il est impératif de tenir un journal des quantités absorbées et de ne pas réintroduire plus d’un aliment tous les 3 jours.

Exemple de test par semaine

Semaine 1 Polyols : sorbitol > pruneaux ou abricots secs
Semaine 2 Polyols : mannitol > chou-fleur ou céleri ou champignons
Semaine 3 Disaccharides : lactose > lait ou yaourt
Semaine 4 Oligosaccharides : galactans > lentilles ou pois chiches
Semaine 5 Oligosaccharides : fructanes > pain avec farine de blé ou semoule de blé
Semaine 6 Monosaccharides : fructose > miel ou raisin ou pomme

Exemple de réintroduction sur une semaine

Semaine 1
Lundi : 10 g de pruneaux secs
Mardi : repos et observation des symptômes
Mercredi : 20 g de pruneaux secs
Jeudi : repos et observation des symptômes
Vendredi : 30 g de pruneaux secs
Samedi et dimanche : repos et observation des symptômes

Mes conseils sur le régime Low Fodmap

Soyez patient : l’apprentissage est long.
Soyez raisonnable : il faut réintégrer le plus d’aliments possibles pour éviter les carences.
Soyez méthodique : si vous ne respectez pas les étapes, vous ne saurez pas ce qui marche ou non.
Soyez lucide : si après 1 mois, vous n’avez pas noté de changement, arrêtez le protocole. Il ne fonctionne pas.

Si vous avez une autre méthode, n’hésitez pas à la partager dans la zone de commentaires.

Publié par Un commentaire

Le syndrome du colon irritable fait-il grossir ?

Même si sa prise en compte ne doit pas primer, il est important de se poser la question de notre poids. Au delà de l’aspect esthétique, la question du poids doit être posée puisque nous savons aujourd’hui que la récupération physique, la guérison et dans certains cas, la propension à tomber malade est plus grande chez les personnes en surpoids.
Je revisite donc cet article publié l’an dernier pour l’enrichir des informations que j’ai collectées durant ces derniers mois. J’espère que ces informations vous seront utiles.

Le Syndrome du colon irritable et la prise de poids ?

Le Syndrome du Colon Irritable (SCI) est une réaction au stress, à l’alimentation et à divers stimulus toujours en cours d’identification. Ce qui est connu, c’est que cette réaction altère au fil du temps les parois de l’intestin qui s’enflamment. Cette inflammation conduit au déséquilibre du microbiote. Les inflammations fragilise donc le colon. Celui-ci joue ensuite bien moins son rôle de barrière protectrice pour l’ensemble du corps. Des éléments pathogènes peuvent ainsi pénétrer notre corps et altérer son fonctionnement. Plusieurs recherches américaines démontrent que les hormones sécrétées par l’intestin régulent le poids. Un colon régulièrement irrité n’assure pas correctement la sécrétion de ces hormones et serait donc un facteur favorisant la prise de poids.

Les malades du SCI et l’alimentation

Par ailleurs, un terrain génétique est également à avancer pour la prise de poids. À rations caloriques identiques, les corps ne réagissent pas de la même manière. Certains grossiront alors que d’autres ne bougeront pas ou peu. Le capital génétique explique peut expliquer la prise de poids mais les études sur le microbiote démontrent que l’alimentation peut également être en cause.

Le déséquilibre entre deux grandes familles de micro-organismes du microiote (les Bacteroidetes et les Firmicutes) est prisée par les chercheurs. Fréquent chez les obèses, ce déséquilibre a été démontré en laboratoire et permet d’expliquer en partie pourquoi les régimes échouent sur les personnes en surpoids. Le microbiote déséquilibré induit un stockage des calories plus important et des complications métaboliques associées et notamment le diabète.

Chez les colopathes, la démonstration pourrait également se vérifier. Les adaptations alimentaires régulières des malades du SCI n’aident pas au maintien de poids. Le refuge des aliments « surs » qui limitent les gènes (constipation/diarrhée, gaz, ballonnement, brûlures…) exclut de nombreux légumes et légumineuses connus pour apporter des fibres, réguler l’absorption des sucres et/ou graisses et nourrir le microbiote. Ce régime « refuge » conduit également à apporter plus de féculents, de sucres raffinés et de graisses que le besoin physiologique. Progressivement, le corps s’adapte à cette nouvelle alimentation mais stocke l’excès de calories tout en déstabilisant la population de micro-organismes du microbiote. Les personnes qui souffrent du colon irritable lient ainsi deux facteurs nuisibles à leur poids idéal.

Vers une alimentation plus adaptée

Les règles pour une alimentation équilibrée son difficiles à tenir pour un malade de l’intestin irritable notamment en termes de fruits et légumes. Voici quelques règles alimentaires simples pour stabiliser votre poids.

  1. boire au moins 1,5 litre de liquides par jour,
  2. réduire les produits industriels qui contiennent des conservateurs irritants,
  3. limiter les boissons alcoolisées ou à base de caféine,
  4. éliminer tous les produits contenant des édulcorants comme le sorbitol,

Quant à la perte de poids, il existe une méthode simple mais fastidieuse pour l’obtenir. Si vous êtes intéressé, je pourrais partager avec vous mon expérience d’une perte réussie de 5 kg et un ventre plat ! Pour en savoir plus, abonnez-vous à la newsletter « Pourquoi je ne maigris pas ? ».

Sources : Inserm, manger-bouger.fr, livre « Les Bactéries, des amies qui vous veulent du bien » (Solar Éditions) du Pr Gabriel Perlemuter, chef du service d’hépato-gastro-entérologie à l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart, livre « Bien nourrir votre intestin » (Ed. Marabout) de Francisca Joly Gomez, gastro-entérologue, professeur de nutrition à l’université Paris-Diderot